Test : Panic Train

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« I‘m going off the rails on a crazy train » comme dirait ce bon vieux Ozzy qui est maintenant à des bornes mentales et physiques de ce qu’il était jadis. Des fois, on se sent un peu comme ça, à côté de ses pompes, comme un chien fou. On ne maîtrise plus rien, se laissant ainsi laisser aller sur les rails de la vie, sans le moindre arrêt si ce n’est, souvent, celui des toilettes. Là où l’on vous demande toujours des papiers pour continuer votre chemin, même si ce dernier est déjà fort entamé. En parlant de chemin hasardeux, je ne puis ne point penser à celui proposé par Panic Train, un jeu développé par un seul homme : Laurent Batel. Un one-self-game si je puis dire.

Et en quoi consiste ce one-self game, me demanderez-vous ? Panic Train est un jeu simple mais pas simpliste, un runner où vous incarnez un voyageur ayant a ticket to ride, mais a ticket to ride un peu spécial (vous pouvez espérer y croiser quelques scarabées), pour un train fantôme. Je me suis ainsi demandé si, justement, le jeu avait assez de contenu pour ne pas paraître, si ce n’est spectral, fantomatique aux yeux de ses futurs utilisateurs.

Au train où vont les choses…

Ouais, au train où vont les choses, il est bien difficile de se faire une place au soleil sur un store, et même en se mettant en mode Tgv, on ne grille pas toujours la politesse aux autres. Il faut donc se mettre sur de bons rails. Bon, niveau scénario, on déraille un peu, mais ce n’est pas le fer de lance du jeu. Le fer de lance demeure justement les rails.

Un des bonus les plus utiles : celui du pont

Un des bonus les plus utiles : celui du pont

En effet, il n’y en a pas. Dans un train effrayant, et cela se voit clairement à la tête rigolol que fait votre personnage, embarqué là pour son plus grand malheur, vous serez amené à aller le plus loin possible, comme dans tout bon runner qui se nomme ainsi. Vous ramasserez des golds (symbolisés ici par des pièces phosphorescentes) afin d’acheter de nouveaux trains ou des bonus, etc, etc. Bref du grand classique. Dans le contenu tout du moins, car Panic Train a misé sur un point original, un point auquel nous ne sommes que trop peu habitué.

Quel mystère, hein ! En fait, cela n’a rien de très mystérieux. Là où d’autres chercheraient à varier décors en mettant de la 3D partout, ou en mettant des ombres chinoises pour faire plus « genre », Laurent Batel s’est un peu creusé les méninges (pendant que Tony Miccelu creusait les ménages) et s’est décidé à changer un point généralement inchangé : la maniabilité.

Ici pas de bouton tactile de marche avant, ni de marche arrière pour ralentir, encore moins de flèches directionnelles, mais d’un doigt, tel un dieu, vous abaissez ou remonterez le terrain sur lequel évolue votre train. Original, non ? Pas convaincu, n’est-ce-pas ? Et pourtant, c’est peu de le dire, encore moins de l’écrire, mais cela apporte un plus certain au gameplay, le rendant particulièrement original et efficace.

Cela change du train-train quotidien

Une idée simple change parfois la vie, et surtout la donne. Cela ne bouleverse pas tout certes, on reste dans le traditionnel avec des bonus sympathiques lorsque vous possédez assez de thunes pour en profiter (nouveau train avec possibilité de faire apparaître plus facilement d’autres bonus, etc), mais tout de même, glisser un doit vers le haut ou le bas pour orienter le terrain change la vision de la chose. Ainsi, on ne pense plus objet à déplacer mais on se projette davantage sur le terrain à venir, ce qui nécessite donc des réflexes dit anticipés. Ce n’est pas évident au début, mais l’on s’y fait vite.

Je le sens mal...Je le sens mal...Je le sens mal...

Je le sens mal…Je le sens mal…Je le sens mal…

Il faut dire que l’on a facilement envie de continuer, malgré des premiers échecs, en raison d’une réalisation très propre, aux couleurs chamarrées correspondant parfaitement au thème du train fantôme, ainsi qu’à la dynamique fluide des animations. La musique, quant à elle, m’a fait beaucoup sourire, dans le bon sens du terme, me faisant rappeler quelques grandes musiques de Danny Elfman, notamment celle de BeetleJuice, ce qui est un gage de qualité. Le côté « fou-fou-horreur » est bel est bien présent si bien que l’on adhère facilement à Panic Train.

Pourtant, je trouve, à titre personnel, qu’il aurait gagné à donner encore plus dans le loufoque pour les décors, et pour le challenge. Un peu plus de fluo, ici et là, quelques cris en plus, des scrollings qui dépasseraient plus facilement le simple cadre de l’écran. Ce n’étaient que de simples améliorations qui auraient tiré le jeu vers le haut, même s’il demeure bon. De plus, une difficulté, un peu moins hasardeuse qui fait que vous stoppez net certaines parties par manque de chance, à cause du côté fort aléatoire des obstacles, aurait, certainement, moins découragé certains. Car il n’y a que ceux qui s’acharneront qui trouveront vraiment du plaisir. D’ailleurs, un bon conseil, ne vous laissez pas aller dès les premiers instants, ce n’est qu’à partir d’une dizaine de minutes que l’on prend le train en marche.

Une course pour le moins écourtée...euh...par la malchance, on va dire, à défaut du skill

Une course pour le moins écourtée…euh…par la malchance, on va dire, à défaut du skill

Gratuit mais entrecoupé par des publicités vraiment lourdingues, de l’ordre de plusieurs secondes parfois (un simple bandeau aurait été parfait, ou un prix global pour le jeu), Panic Train est un jeu des plus honnêtes, le genre de petite chose que l’on garde bien sur soi afin d’y jouer dans le train ou dans le métro, histoire de faire passer le temps. Pour une première réalisation, Laurent Batel fait preuve de beaucoup de professionnalisme, son jeu étant supérieur en matière d’amusement, et sur d’autres points, à d’autres jeux du même genre. Alliant originalité et réalisation agréable à défaut d’être totalement transcendante, Panic Train ne pêche finalement que sur quelques détails, et son “manque” de volonté d’aller encore plus loin, ce qui lui empêche, de peu, d’atteindre une note optimale. Il n’empêche que l’on s’y marre bien, et on prend facilement un ticket pour le train suivant.

Testé par J.Canonne • 75%
  • Réalisation
  • Gameplay, très sympathique, à l'envers
  • Bon passe-temps
  • Difficulté aléatoire
  • Publicités encombrantes

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