Test : Nanolife

test

Vous commencez à me connaître un peu. J’aime les petits jeux faits avec les petites mains. Non, Monsieur le curé, vous pouvez partir d’ici, je vous prie…Où en étais-je ? Ah oui, j’aime les gens qui tentent, les gens qui osent, parfois en solitaire (il n’y a pas de petit plaisir, mais de grosses envies), les gens qui prennent des risques, en se mettant parfois à nu. Et il est vrai de dire que, les vêtements tombés, seuls les yeux peuvent refléter les âmes. Et les petites gens, que dis-je, ces grandes gens ont parfois dans leurs pupilles ce je-ne-sais-quoi qui brillent. Et qui fait briller leurs créations. Regardez les petites mains de Circle Pegasi. Avec leurs petits doigts agiles, elles essayent, à défaut de réinventer un genre, de lui donner un peu de couleur et d’originalité avec Nanolife.

Et pourtant, dans le genre visual-novel, on en voit parfois des vertes et des pas mûres sur le Playstore, jusqu’à aller parfois jusqu’à la moquerie de pomme, malgré que je sois assez bonne poire. J’avais testé et initié certains, je l’espère tout du moins, au genre avec Sepia Tears. Bien que le visual-novel soit un type de jeu un peu particulier car assez fermé. On y retrouve toujours du plaisir, pour peu que l’on aime l’anglais. J’étais un tantinet anxieux avant de lancer Nanolife, car je craignais déjà le titre, et surtout je craignais de me retrouver devant un Nanobonheur. Et j’avais tort. Totalement tort.

Nanohistoire mais grande découverte

Tout bon visual-novel qui se respecte doit, justement, respecter certains critères définis par le genre, afin de ne pas manquer de respect à ceux qui y jouent et qui les respectent grâce à leur téléchargement. Le premier de ces critères est essentiel : il s’agit bien sûr de l’histoire. Et, là-dessus, l’entame est une très bonne surprise.

Elle est à la fois surprenante et assez inattendue. Mais très drôle surtout. Vous vous apprêtiez, comme tout bon gros joueur de MMORPG que vous êtes, à vous lancer dans une partie, partie pour durer plusieurs heures. Au moment, l’un des plus importants, et, ce après la création de votre personnage, de rentrer sur l’un des serveurs du jeu, une coupure de courant, ô combien malvenue, vous fait bondir hors de vous. Une telle chose me serait arrivée, pendant une partie de Daoc, m’aurait fait transformer en Lou Ferigno, c’est certain. En rallumant votre pc, et en relançant votre jeu favori, vous vous rendez compte que le personnage créé mène, de lui-même, sa petite vie, sans avoir besoin de votre intervention.

Une illumination face à la fragilité de sa propre existence

Une illumination face à la fragilité de sa propre existence

Entrée en matière particulièrement pertinente voire audacieuse : donner la main au joueur avant de lui reprendre. Est-ce gênant pour autant ? Certainement pas. En effet, vous aurez toujours la main et les choix limités qui vous seront proposés au cours de l’aventure. Celle-ci sera courte, mais néanmoins très amusante.

En effet, l’histoire plaçant l’action en plein cœur du monde cruel des MMOs, elle sera sujette à des nombreuses réflexions, blagues et critiques. Tout ça pour notre plus grand bonheur. Un bonheur qu’il vous sera possible d’appréhender si vous maîtrisez la langue de Shakespeare. Mais, sachez que le niveau demandé n’est pas exceptionnel, et qu’il est vraiment possible d’apprécier l’humour des dialogues sans avoir un master dans la langue et sans sortir un dico toutes les minutes.

Nanoréalisation ? Point du tout

Il est vrai qu’une bonne histoire ne suffit pas toujours dans le visual-novel pour en faire un jeu d’exception. Il faut une bonne voire une très bonne réalisation afin de capter autant les lecteurs par les mots que le poids des images. Généralement, pour peu que les dessinateurs ne soient pas des manchots, le dessin suit l’histoire, et je dirais même que l’histoire se dessine mieux avec de belles images. Et c’est ici le cas.

Mon Dieu, comme dans un vrai jeu : une quête

Mon Dieu, comme dans un vrai jeu : une quête

Les dessins sont très jolis, et offrent une plus-value à Nanolife. En effet, les développeurs ont opté pour une présentation très classique pour les premières images du jeu, celles vous plaçant dans la peau du gamer. Dès que l’avatar créé prend sa vie en main, si je suis dire, là on bascule dans un univers en 2D, faisant irrémédiablement penser à de vrais MMOs, notamment à Dragonica sur Pc. C’est simple, mettez quelqu’un, à ce moment, devant votre écran, et si vous n’y touchez pas, il vous demandera sans doute, à quel RPG vous jouez.

Il faut dire que les personnages typés kawai évoluent dans des décors fixes très colorés, aux teintes pastelles, toutes bien choisies. Leurs dessins sont remarquables, et sont particulièrement bien servis par des musiques douces, légères. Bref, on a ici une bonne histoire, une bonne réalisation. A-t-on vraiment un bon jeu ?

Nanolife : Yottagame mais Nanolife

Nanolife est une petite découverte très sympathique, pour ne pas dire excellente, mais qui pêche sur quelques points. Le premier demeure sa durée de vie très courte malgré plusieurs fins possibles (au nombre de trois) que vous débloquerez en un rien de temps. A peine aurez-vous commencé à jouer que vous terminerez le jeu. J’exagère un peu, mais à peine. Heureusement d’ailleurs que le jeu est gratuit. Payant, il aurait été une Nanoarnaque. Enfin pas tout à fait une Nanoarnaque, car Nanolife est quand même très bon dans le genre visual-novel original.

Nanolife porte vraiment bien son nom, avec sa Nanolife finalement. On pourra également lui reprocher une espèce de dénaturalisation du genre qu’est le visual-novel. Là où d’autres tombent plus facilement, tels des Muso et des Levy (non pas des Musolevy fascisants), dans une histoire classique, mélange d’amour et de surnaturel, il opte pour une voie un peu plus risquée. Et ça, les puristes n’apprécieront guère ce genre de petite fantaisie. Moi, personnellement, cela ne me dérange pas le moins du monde. L’originalité est ce qui paye le mieux. Mais bon, les esprits ronchons vont ronchonner. De toute façon, c’est dans leur nature.

Reste un point qui demeure indécrottable au genre : le peu de choix proposés dans l’histoire. Ce manque certain de liberté rend le jeu très linéaire. Mais bon, un livre ne l’est-il point aussi par essence ? Il n’empêchera que certains y verront un obstacle quant à leur implication. Ce n’est pas faux. Mai,s ce n’est pas toujours un frein pour les fans des visual-novel dont je commence, doucement, à faire partie.

Un sorcière qui se bat avec un chaudron, un peu à l'inverse de Taram

Un sorcière qui se bat avec un chaudron, un peu à l’inverse de Taram

Entièrement gratuit, de a à z (normal pour un jeu basé sur les mots et l’histoire), Nanolife est un excellent divertissement, même pour ceux qui manipulent l’anglais comme on manipule une braguette avant le premier grand soir. Original, bien réalisé, il souffre juste d’une durée de vie digne de certains précoces. Néanmoins, avec son humour, et son impression d’introspection légère, on adhère facilement à son concept ainsi qu’à son idée de départ un tantinet cappilotractée. En cette période de vacances, il est aussi léger que l’air. Ainsi se focaliser sur cette Nanolife ne vous fera pas perdre de temps, mais gagner un peu de rêverie.

Testé par J.Canonne • 79%
  • Dessins agréables
  • Histoire originale bien exploitée
  • Super rafraîchissant
  • 3 fins différentes
  • Court
  • Super court
  • Trop court
  • Peu de choix

Réagir

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce commentaire aurait pu vour rapporter 10 Points.