Test : Doug dug

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Je me souviens d’une période assez calme de ma modeste existence où je passais, comme pas mal d’enfants j’imagine, mon temps à jeter des galets totalement plats sur l’eau afin de faire des ricochets. Je faisais du bruit certes, mais pas de quoi me jeter la pierre. C’était en Ardèche, je m’en souviens comme si c’était hier, et non pas l’âge de pierre. C’était fort amusant de voir l’eau troublée par l’intervention de l’homme. C’était fort amusant de voir également, non loin de moi, mon frère essayant de creuser la roche comme un damné à la recherche de pierres brillantes, pensant sans doute trouver des améthystes. Un peu comme ce que nous propose Doug dug, un jeu qui vous fera creuser des galeries, comme le font certains souvenirs à l’intérieur de votre cerveau.

Même si quelques poils commençaient à pousser sur le menton de mon frère à l’époque, il n’avait rien d’un nain digne des récits de Tolkien et de Pratchett. Il était beaucoup moins doué car, à part du schiste, il n’avait ramené que des ampoules sur les mains. Heureusement, dans Doug dug, des studios The Electric Toy company (rien à voir ici avec certains magasins proposant des engins de plaisir), le nain que vous incarnez n’est point un apprenti en la matière. Et s’il a tendance à creuser dans la matière, nous espérons tous, joueurs que nous sommes, qu’il creusera plus dans la matière dite du plaisir que dans celle de l’ennui.

Des petits trous, des petits trous, encore des petits trous

Comme précédemment dit, vous allez jouer le rôle d’un nain appelé Doug. Oui, je sais, cela ne sonne pas terrible. On aurait préféré se nommer Gimli, mais bon, c’est comme ça. De toute façon, nous ne sommes guère en présence d’un RPG mais d’un scoring game avec des faux-airs de ce jeu mythique qu’était Boulder Dash. Puisqu’il vous faudrait creuser des galeries pour pulvériser le marbre du tableau des scores.

La cache au trèsor

La cache au trèsor

Plus vous descendrez, plus vous trouverez trésors, et pierres précieuses, mais aussi de bien vilaines bêtes qui résident au plus profond des ténèbres et qu’il sera nécessaire de buter, soit avec votre pelle ou soit avec les effondrements. Hé oui, car il vous sera possible, en faisant fonctionner un peu ce qui vous sert de matière grise, parfois poreuse lorsque vous ne l’utilisez point, de vous échapper de bien des situations périlleuses. Car l’équilibre de toute galerie, surtout creusée à la va-vite, est aussi précaire que le cheminement des pensées d’une Nabilla imbibée (oui, je sais, c’était facile).

Si vous avez la malchance de mourir dans les éboulements ou autre, un petit ange apparaîtra, et, à la prochaine partie que vous lancerez (généralement immédiate), vous pourrez ainsi voir jusqu’où vous étiez parvenu. Un bon point qui pousse au dépassement de soi.

Des trous de première classe

Vous serez aidé par une maniabilité exemplaire, nécessaire pour faire les trous dans le sens où vous le désirez. Un doigt simple posé sur l’écran, indiquez une direction, et votre nain ira dans  ce sens. Il a cette faculté, innée, à creuser dans tous les sens possibles, même vers le haut. Attention, toutefois, à ne pas faire n’importe quoi sinon ce sera un déluge de pixels sur votre tête, vous faisant ainsi rejoindre le valhalla des “creuseurs” fous.

Une descente qui ne vous sourit pas tant que ça parfois

Une descente qui ne vous sourit pas tant que ça parfois

Des pluies de pixels, vous allez en voir puisque Doug dug vous amène dans le pays si cher à certains développeurs qu’est celui des landes du pixel art. Un pixel art ici très minimaliste mais qui suffit au jeu. Les graphismes ne sont pas extraordinaires, mais chaque monstre, objets, trésor est parfaitement identifiable. Pareil pour le son, c’est d’une simplicité digne des musiques midi si chers aux premiers ordinateurs et consoles 8 Bits.

Et pourtant, malgré une réalisation un tantinet limite, on ne voit pas le temps passer. Toujours aller plus profondément afin de découvrir des choses que l’on n’avait point encore eu l’occasion de voir. Toujours creuser le plus possible afin de creuser son propre plaisir (toute relation avec le nom des Studios à l’origine du jeu est à proscrire).

Pas la peine de se creuser la cervelle, c’est amusant

Ce qui est assez impressionnant, c’est que, malgré son aspect simple de scoring, Doug dug fonctionne de la même manière qu’une clope finalement. On a envie d’y jouer, donc on y joue. On n’a pas envie d’y jouer après le café, on n’y joue pas. Mais on y revient tout de même. Le plaisir ne part pas en fumée.

ouais, bon, ça arrive, hein...

ouais, bon, ça arrive, hein…

Pour autant, tout n’est pas parfait. Avec un peu plus de diversité dans les décors ainsi que dans le gameplay, on aurait touché à l’ultime. On aurait pu très bien imaginer, en creusant, trouver plus de bonus et malus, malins dans tous les sens du terme, ou bien encore, avec vos scores ou le type de minerai découvert, pouvoir acheter un matériel plus prompt à aller à la petite taille de votre nain.

En outre, et ce qui me gêne le plus réside dans le choix de scrolling pour vos aventures. Autant destiné aux smartphones qu’aux tablettes, Doug dug ne vous propose qu’une exploration à la verticale, ce qui est logique pour ce type de jeu, mais le scrolling restera bloqué, comme les jeux des temps anciens, sans vous permettre de dépasser les cadres droite et gauche de l’écran. Dommage car cela aurait été un véritable plus. Un peu plus de réflexion de la part des développeurs auraient été le bienvenu. Néanmoins, on s’y amuse pas mal, c’est toujours ça de pris.

Disponible pour la somme modique de 0.71 euros, soit une broutille, Doug dug, à défaut de vous proposer un jeu du style Minecraft (eh oui, dès qu’il s’agit de creuser dans la terre, on pense tout de suite à ça), vous emmène vers un jeu de scoring, tout ce qu’il y a de plus de classique finalement, avec un arrière-goût de Boulder Dash point désagréable pour deux sous. Jouer un nain, en cette période de Fort Boyard, procure une dose de fun immédiate. Bien équilibré, correctement réalisé en pixel art, il pourra, en revanche se montrer fort répétitif. On regrettera également le manque de prise de risque de la part des studios The Electric Toy company. Avec un peu plus d’imagination (que j’espère possible via le biais de mises à jours fréquentes), il aurait pu décrocher la pelle d’or pour leur nain. En l’état, le jeu reste, pourtant, fort recommandable puisque d’un fun en acier trempé.

Testé par J.Canonne • 76%
  • Fun immédiat
  • Drôle
  • Parfois endiablé
  • Un peu lassant parfois
  • Réalisation sans éclat

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