Test : Topia World Builder

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Se prendre pour un Dieu a toujours été galvanisant dans les jeux vidéo. Les God Games, comme on les appelle, ont vu le jour non pas par une quelconque force divine mais par le biais de quelques programmateurs, non amateurs. L’un des plus célèbres demeure Populous, développé par les studios Bullfrog, qui ont inventé et réinventé le genre en 1989. Ouais en 1989 ! A l’époque, certains en avaient dans le slibard, car créer un jeu de simulation divine était un concept novateur. Après, il y eut bon nombre de dérivés comme From Dust sorti récemment. Enfin récemment, je veux dire trois ans, ce qui demeure peu du point de vue de l’échelle divine. Je n’en avais pas encore rencontré de particulièrement attirant sur Android, jusqu’à Topia World Builder, un nouveau jeu de Crescent Moon games. Et je me décidai alors de combler cette zone d’ombre de mon expérience par l’achat de cette application afin de vous la faire découvrir.

Il n’y a rien de meilleur que de sentir être un Dieu. Moi, cela m’arrive sans cesse. C’est une question d’ego et de nombrilisme. Mais on peut, tout de même, jouer à un God Game sans pour autant posséder la psyché de votre serviteur. Même je vous y encourage (à jouer, hein, pas à avoir mon cerveau belliqueux). C’est toujours sympa, un God Game. Enfin, en général, quand tout est bien réfléchi et pensé. Dans ce genre de jeu, l’équilibre est important, d’autant plus qu’ici, Topia World Builder nous est présenté comme un sand-box pur, un jeu où vous serez un Dieu, mais qui n’a pas de but précis, sauf celui de vous offrir un bon moment. Un Dieu peut-il faillir à de telles obligations ?

Mon Dieu, c’est sympa !

Dès que l’on lance le jeu, on tombe directement sur un petit tutoriel, fort sympathique qui vous explique les fondamentaux. Je vous conseille clairement de le faire, même si la décision de passer outre ne vous fera pas perdre le sens premier de Topia World Builder.

Comme son nom anglais l’indique clairement, on est en pleine construction de monde, et vos petits doigts représentent ceux d’un Dieu. Comme tout bon sand-box, on peut tout faire, et ne rien faire. Faîtes tout quand même, ce serait dommage de rester comme une masse inerte devant votre écran. Surtout que l’interface est bien pensée, et vous place directement dans le cœur de l’action.

La main de Dieu en quelques "tap" d'un doigt

La main de Dieu en quelques “tap” d’un doigt

Ici, tout est possible, tout est réalisable, un peu comme dans le jeu de la vie. Sur votre planète ronde (oui, on n’est pas dans du Pratchett), vous pourrez d’un simple glissement de doigts faire apparaître montagnes, vallées, végétations, mers ou lacs, et bien sûr des animaux pour peupler le tout. Sachez, néanmoins, pour ces derniers qu’il vous faudra faire preuve de jugeote, certains étant carnivores, d’autres herbivores. A vous de développer votre écosystème avec intelligence. Vous pouvez faire de votre planète tout ce que vous voulez, tant que votre imagination fonctionne à plein tube. Pour autant, certaines fonctionnalités, pour les amoureux des God game feront défaut, comme nous le verrons par la suite.

Mon Dieu, c’est joli !

Visuellement, on est agréablement surpris, voire plus que ça. J’aurais même tendance à dire, et, comme je suis un Dieu, je puis me le permettre, que le jeu est magnifique, à tous les points de vue. Et je le dis car l’on peut tourner, à l’aide de deux de vos doigts, votre planète dans tous les sens afin d’admirer votre talent créatif.

Et voilà un début de monde. Remarquez, au passage, les détails.

Et voilà un début de monde. Remarquez, au passage, les détails.

Le moteur graphique tourne, bien, très bien même. Il permet une vision globale de votre œuvre en tant que Dieu. Le nombre de détails est impressionnant : on peut clairement voir les arbres dans toute leur splendeur, les mammifères gambader, ou fuir devant des prédateurs. Je ne vais pas m’étaler sur ce point, car on ne peut que s’émerveiller dès que l’on a créé son premier monde. Pour résumer, on possède, dans sa tablette ou son smartphone, un véritable petit monde interactif qui est d’une beauté simple mais complète.

La musique est fort tribale, mais point « tapage de crâne contre un mur en béton armé ». Elle ne viendra troubler en rien les douze travaux qui vous incomberont. De quoi relever l’Hercule qui sommeille en vous, et je ne parle pas de l’ami Nicolas le Jardinier, le célèbre Hercule Poirot. Et pourtant, planter fera bien partie d’une de vos tâches. Finalement, les gars de Crescent Moon games nous ont-ils offert un monde idéal ? Pas tout-à-fait.

Mon Dieu, il manque des choses !

Tout n’est pas parfait, et même les Dieux peuvent se tromper. Ils le font sans cesse d’ailleurs. Mais, je ne vais pas développer cette thèse « philosophico-théologico-casse-couilles ». Le constat ici est clair. L’idée de départ est excellente. Néanmoins, le côté sand-box, sans aucune mission et sans aucun objectif, pour un jeu typé God-game fait que Topia World Builder, malgré ses possibilités, peut s’avérer très vite lassant. On a vite fait le tour de son petit monde, un peu comme on a fait vite le tour de son propre nombril.

Je fais ce qu'il me plaît...Ici des montagnes qui ne ressemblent à rien

Je fais ce qu’il me plaît…Ici des montagnes qui ne ressemblent à rien

Par conséquent, on aurait aimé que le concept soit un peu plus poussé, car, clairement, le jeu laissait entrevoir de belles choses. Plusieurs ajouts, notamment, qui ne mettrait point, je le pense, le très bon moteur graphique à genoux. Et les idées peuvent fuser, de la part des utilisateurs notamment qui entrevoient un futur jeu encore meilleur.

On voudrait y voir tant de nouveautés : la gestion de la météo et des saisons avec leurs incidences respectives sur l’évolution de la population animale, des véritables compteurs concernant la dite population afin d’obtenir une meilleure gestion, l’introduction des hommes (pas de mauvais jeu de mot, je vous prie) avec quelques spécificités de développement naturel et la programmation des catastrophes naturelles. Bref, ce ne sont clairement pas les potentialités d’amélioration qui manquent. Même si Topia World Builder est vraiment consommable en l’état.

Disponible sur le Playstore pour la minuscule somme de 1,46 euros, soit beaucoup moins qu’un nouvel arbre à planter ou que l’achat d’une chèvre, Topia World Builder est un bon passe-temps, à défaut d’être un excellent jeu. Pourtant, il avait tout pour plaire à savoir un concept bien adapté et une réalisation au top. Mais, car il y a un mais, en l’état, il est sujet au concept de la répétitivité du fait d’un certain manque de contenu. Bien sûr, vous pourrez vous y amuser, mais pas plus de quelques heures. Aussi surprenant qu’il puisse paraître, la totale liberté offerte est un frein à un amusement optimal. Avec quelques quêtes, des éléments de gameplay complémentaires comme ceux précités, il gagnerait encore en amplitude, vous donnant l’avantage d’être un Dieu encore plus puissant. Néanmoins, je demeure certain que les studios Crescent Moon games seront à l’écoute des demandes des joueurs, et que, tels des Dieux, ils répondront à leurs prières.

Testé par J.Canonne • 75%
  • C'est beau !
  • C'est original !
  • Être un Dieu n'a pas d'égal (en dehors d'être testeur de jeux-vidéo)
  • La main de Dieu facile à prendre en main
  • Répétitif
  • Assez limité finalement
  1. On dit “programmeur” et non “programmateur”.

    Un programmateur, c’est ce que vous av(i)ez dans votre magnétoscope. 😉

    • Salut ;=)

      C’était surtout pour le jeu de mots “programmateurs, non amateurs”, donc programmes. D’où l’enchaînement avec Populous, programme bien connu ;=)

      Mais je comprends que cela ait pu choquer car c’était très tiré par la crinière;=)

      • Okay, désolé, j’avais lu en diagonale et je n’avais pas noté le jeu de mot. Ça m’étonnait aussi une telle faute sur ce site, au temps pour moi. 🙂

  2. J’avais acheté le jeu sur iOS et je le vois sortir sur android, sans aucun changement…
    J’avais été frappé par le contraste entre les graphismes et la durée de vie: des graphismes magnifiques et une durée de vie de 5 min (et encore, je suis sympa)

    J’avais contacté les développeurs (il y a plus d’un an maintenant) pour leur faire part de mes déceptions et de mes suggestions. Ils m’ont gentillement fait comprendre qu’ils n’en avaient rien à faire de mes suggestions et que le développement en resterait très probablement là, les graphismes étant suffisants pour pousser à l’achat (je suis tombé dedans d’ailleurs).

    Impression très mauvaise donc, de un par le manque de contenu et de deux par l’attitude des développeurs mais un bon point sur android (par rapport à iOS): on peut demander un remboursement automatique 15min après l’achat. Largement de quoi faire le tour du jeu.

    • Salut Samoth,

      J’ai fait de même pour les développeurs et j’attends une réponse. en espérant qu’elle ne soit pas la même que la tienne ;=)

      Mais, comme en ce moment, je suis le magicien noir (petite dédicace par rapport à ton pseudo^^), pas certain qu’ils me répondent :p

      Bonne continuation.

      • Salut!

        J’espère que tu recevras une réponse différente, mais j’en doute: j’ai envoyé un mail il doit y avoir un an environ et la version iOS n’a pas reçu une seule maj depuis.
        Mais bon, peut être que le fait qu’ils sortent une version android montre qu’ils vont s’atteler à étoffer leur jeu, qui sait?

        Le magicien noir? Je ne connais pas…
        J’ai choisi ce pseudo car c’est l’anagramme de mon prénom (et c’est aussi le pseudo d’un guitariste)

          • Ah ben oui, du coup, là ça me parle!
            Je n’avais pas fait le lien, j’ai plutôt l’habitude de voir le titre de la chanson en anglais…

            Mais donc, quel rapport avec le fait que les développeurs ne te répondent pas?

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