Test : The Ministry Of Silly Walks

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Il existe des rois de la vanne. J’en ai croisé un, pas plus tard que tout à l’heure alors que je revenais de Lille, suite à une journée éreintante. Juste avant de descendre de mon train, à mon arrivée à Douai, mon point de ralliement, un infortuné s’est adressé à votre serviteur, un sourire démoniaque aux lèvres. Ce fut alors que sortit une vanne de chez vanne, un truc insensé : « Faut être doué pour descendre à Douai ». Je regardai alors ce qui ressemblait de loin à un homme, mis mes lunettes de soleil et fixai l’horizon en me demandant si je devais le pousser ou pas. Triste monde où l’humour demeure aussi rare que bon. Que ne fut alors ma joie, le soir venu, de découvrir un jeu sur l’univers des Monty Pythons : The Ministry of Silly Walks, un jeu portant le nom de l’un de leurs plus grands sketchs, jeu que j’installai alors dans la foulée…

Quand j’y repense, je ne puis m’empêcher de sourire. Non, pas que c’était drôle, mais totalement idiot et extrêmement mal placé. Cela m’a fait penser à Merlin dans Kaamelot en train de raconter ses « blagues » avant la fête du corbeau. Un grand moment finalement. Là où on ne l’attend pas, l’humour est parfois omniprésent. Et les Monty Pythons l’avaient compris, bien avant tout le monde. Parfois potache et grinçant, parfois cinglant et rageur, souvent intelligent, leur humour avait conquis une partie du monde connu, avec des sketchs tout plus farfelus les uns que les autres, sans parler de leurs films qui resteront longtemps dans les mémoires. Faire un jeu basé sur cet univers est un tantinet osé. Je ne suis pas le fan absolu des Monty Pythons, mais je trouvais l’entreprise risqué. Au contraire des studios Boondoggle Studios Ltd qui, je l’espère sincèrement, et ce avant de faire une entreprise lucrative, en feront une entreprise amusante.

Un runnnnnniiier simple

Un thème original se devait d’avoir un gameplay original. Bon, là, il faut avouer qu’ils auraient pu trouver mieux, mais pire aussi. Quelque part, la démarche est logique : faire un runner (quoique l’on soit plus en présence d’un marcheur) pour rendre hommage au ministère des démarches ridicules est tout à fait dans l’air du temps.

Attention à ne pas se faire poutrer

Attention à ne pas se faire poutrer

Dès les premiers « pas », on a envie de rire. D’ailleurs, j’ai ri, plus qu’à la blague sur Douai, ce qui n’est guère difficile. On voit votre personnage avancer de la plus débile des façons. C’est drôle et très décalé. Et, malgré cette impression de non-sens dans ses pas, il est fort aisé de le diriger. Un coup sur le côté gauche le fera sauter, si vous le maintenez, il sera même capable de se maintenir en l’air avec l’aide de son parapluie telle une Marie Poppins sous acide. Un coup sur le côté droit le fera glisser sur le sol. C’est simple.

Comme dans tout runner, votre english man avance tout droit, en essayant d’éviter les obstacles qui stopperont sa bonne marche. Des obstacles variés tels que des poutres, des trous, j’en passe et des meilleurs. Plus vous irez loin et plus vous aurez la chance de débloquer des niveaux. Vous pourrez, en outre, récupérer sur la route pièces, bonus ainsi que malus que je vous laisse le soin de découvrir. Bref, c’est un runner tout ce qu’il y a de plus classique sur le fond. Un peu déçu de ce côté-là, il faut bien l’admettre.

Une réalisation proche du Saint Graal ?

Côté forme, en revanche, on est dans le bon. Le travail fourni est remarquable que ce soit dans les animations hilarantes de votre personnage que dans la qualité des décors. On a l’impression de déguster un « After eight » avec son ambiance so british.

Une ambiance londonienne réussie

Une ambiance londonienne réussie

On se retrouve ainsi en pleine Angleterre, ce qui n’est pas pour déplaire, tant la sensation d’y être est respectée. Fluide, même sur un terminal relativement modeste (testé ici sur une simple Asus Memopad HD7), le jeu, graphiquement, est plutôt réussi, alternant plan 2D, pour le premier plan, et des plans en simili 3D, style scrolling parallax afin de donner de la profondeur visuelle. Finalement, on aime marcher dans ces rues londoniennes, même avec une démarche totalement ridicule.

Les musiques ne sont pas en reste et demeurent dans la moyenne haute. Amusantes mais point lassantes, elles s’accommodent parfaitement de l’environnement proposé, contribuant ainsi parfaitement à l’ambiance décalée du jeu. Ainsi, The Ministry of Silly Walks respecte, du moins au niveau de la réalisation, l’œuvre des Monty Pythons. Reste à savoir si un simple runner, aussi bien réalisé soit-il, était vraiment nécessaire sur un thème aussi audacieux et aussi populaire.

Une démarche ridicule ?

Évidemment, toute démarche de création, même celle d’un jeu, autour d’une œuvre existante ou de personnages existants est toujours intéressante. On se demande toujours comment les développeurs vont parvenir à adapter un univers, sans en perdre, au passage, ce qui en fait le sel.

Une personnalisation assez marrante

Une personnalisation assez marrante

Là, nous pouvons clairement affirmer que c’est réussi, mais sans doute pas assez poivré. On aurait (et moi en particulier) apprécié un peu plus de folie et de décadence, même si marcher en canard dans un jeu est un luxe inexploité. L’humour est bien présent, c’est indéniable. Néanmoins, je trouve qu’il n’est pas assez exploité, ce qui rend le jeu par moment un peu fade. Un peu de déconnade, diantre !

On s’amuse à sourire de certains passages. On s’amuse de voir se planter. On s’amuse, et c’est déjà pas mal. Mais, avec un thème aussi vaste que celui de l’univers des Monty Pytons, on reste un peu sur notre faim.

Disponible sur le Playstore pour la somme de 1,24 euros, The Ministry of Silly Walks est un bon runner, un des plus amusants même auquel j’ai eu le loisir de jouer. Avec sa réalisation propre ainsi que son humour, il représente un loisir des plus sympathiques. Néanmoins, il ne sera satisfaire que les fans des grands humoristes qu’étaient les Monty Pytons et les fans de tout runner qui tient la route. Les puristes lui reprocheront un manque d’imagination et surtout que la fête totale ne soit pas au rendez-vous. Pour ma part, connaissant bien leur univers, sans être pourtant un fan ultime, j’ai trouvé fort dommage que les clins d’œil ne soient pas plus présents, que l’humour ne soit pas plus vitriolé, si je puis dire. Un peu décevant de ne pas déceler, au cours du jeu, quelques perles dont Terry Gilliam, John Clesse et Cie avaient le secret. Cela aurait été un plus indéniable. Et, par conséquent, une note meilleure. En tout cas, rien que pour la démarche improbable de votre héros, cela vaut bien un million de vannes du genre dont je fus le triste témoin dans mon train.

Testé par J.Canonne • 71%
  • Très bonne réalisation
  • Ambiance réussie
  • Drôle
  • Il faut être un fan des Monty Pytons
  • Répétitif
  • Un peu plus de fantaisie aurait été appréciable
The Ministry Of Silly Walks
Boondoggle Studio Ltd

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