Test : République

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L’avenir du jeu vidéo est-il dans le tactile ? Vaste sujet que les joueurs sur console et sur PC nieraient en totalité. Quoi de plus normal que de défendre sa plateforme favorite. Il y en a certains qui le font jusqu’auboutisme. Moi, je pars du principe suivant : tant que le joueur, casual ou non, s’y retrouve, la plateforme, sur laquelle il joue, a sa raison propre d’exister. Bon, je l’avoue, en tant que vieux joueur, j’ai toujours un petit pincement au cœur lorsque je vois une souris ainsi qu’un clavier. C’est comme ça. Ancré en moi. Mais bon, ne vous offusquez point, je sais rester objectif du fait de mon statut de joueur multiplateformes. Je suis un peu un testeur en « Pschitt » sorti d’une bouteille de gaz, capable de me mêler dans n’importe quel élément. Mais ce n’est pas toujours évident surtout lorsque les développeurs usent des comparatifs comme le font les studios Camouflaj avec un jeu très attendu : République.

Quand je parle de république, je ne pense, bien sûr, pas à certaines raies publiques que sont devenues celles de Kim Kardashian (du bulbe) et de notre malheureusement nationale Nabilla (côté de ses pompes), mais du côté étatique de sa définition. République est un grand nom. Un nom qui sonne. Un nom qui s’est déjà fait un nom. Très rapidement, avec pas mal de récompenses. Trop rapidement ? On peut, légitimement, se poser la question. Camouflaj met clairement en avant ses qualités techniques, et met en avant les conflits entre plateformes. Ce qui peut, pour certains, paraître aussi osé que les tenues des deux intellectuelles précitées. Alors, coup d’état ou coup d’éclat ?

Du cas mou frag ?

Excusez-moi, tout d’abord du jeu de mot très foireux présenté en préambule de ce paragraphe, mais, même si l’on associe souvent performances graphiques avec FPS, République n’en est rien. Il a tout du jeu d’infiltration avec un côté narratif omniprésent.

Un petit air de Deus Ex dans la couleur choisi pour les ordinateurs

Un petit air de Deus Ex dans la couleur choisi pour les ordinateurs

Ce n’est pas l’histoire d’un mec. Quoique, si, un peu quand même. Par extrapolation. C’est l‘histoire surtout d’un smartphone derrière lequel se cache un mec. Un mec surdoué : vous. Mais ce n’est pas que votre histoire. Le monde est égoïste, mais pas au point de vous en faire la faveur. C’est l’histoire de deux êtres qui se rencontrent au hasard, dans ce même monde où tous les repères sociaux semblent avoir été éteints telles des bougies placées en face du vent.

Hé oui, nous sommes en plein récit d’anticipation. Vous rencontrez une jeune fille dénommée Hope (oui, je sais, c’est super original et très travaillé…) grâce à son téléphone portable. Enfermée dans un institut que nous pourrions qualifier de fermé dans tous les sens du terme, on cherche à lui nuire, mais surtout à la « recalibrer » (pas de cette manière, bande d’obsédés !). En gros, on cherche à lui lobotomiser le cerveau afin de mieux le restructurer. Bref à lui effacer la mémoire en lui passant en boucle les meilleurs moments de Nikos et de Cantelou. Affreux, n’est-ce-pas ?

Du cas mou frais ?

Ce qu’il y a de pire demeure que vous devez l’aider. Hé oui, là, on tremble plus facilement dans sa petite culotte en coton blanc, laquelle ne tardera pas à virer de couleur. Vous, pauvre petit être derrière son écran, allez devoir l’aider. En fait, République, avant d’être un jeu d’infiltration, est un jeu de coopération, même si, comme un bon boulanger, vous menez les deux héros avec une même baguette.

De l'humour noir dans un jeu assez noir

De l’humour noir dans un jeu assez noir

Hope est une prisonnière. Et vous incarnez donc son futur sauveteur en la personne d’une espèce de génie informatique possédant le moyen de rentrer dans les terminaux, certains réseaux, et surtout caméras. Ainsi, vous allez pouvoir la guider, en prenant des informations avec elle sur les salles qu’elle va devoir passer, sur les mécanismes à désactiver (comme un bon hacker), etc. Sans vous, elle avancera à l’aveugle. Vous êtes son œil. Elle est vos mains. Surprenante reconversion.

Néanmoins, tout ne sera pas aussi facile que cette reconversion. La communication établie entre Hope et vous peut se briser par faute d’inattention, en laissant la batterie (hé oui comme dans notre monde) se vider sans s’en rendre compte, ou simplement en la laissant se faire attraper. Mais, vous êtes sympa, donc vous ferait bien attention à sa belle petite gueule d’ange, n’est-ce-pas ?

Des infiltrations à rendre le jeu beau, comme après un passage au bistouri

Non, nous ne reparlerons pas ici des deux jeunes femmes, antérieurement citées, passées à la chirurgie plastique réparatrice. Mais de la beauté esthétique de République. Comme un beau texte constitutionnel, le jeu possède une certaine allure, pour ne pas dire une allure certaine. Camouflaj met en avant son petit bébé par ses qualités techniques. Le studio a raison sur bien des points.

Votre hyper vision au travers des réseaux

Votre hyper vision au travers des réseaux

Graphiquement, c’est du très propre. Une vue en 3D, des personnages bien modélisés, un environnement basé sur des décors jolis, voire parfois majestueux (qui m’ont fait rappeler certains de mes passages dans Deus Ex ou Bioshock), sans compter des expressions de visages forts bien rendues en gros plan, des animations loin d’être ridicules ainsi qu’un environnement sonore cohérent. C’est bien simple : j’ai eu, en mains, l’une des plus belles réalisations depuis que je possède une tablette tactile. Mais cela a un prix. Un prix en rapport avec ces qualités, à savoir celui de posséder un terminal récent.

Néanmoins, l’ayant testé sur ma fort modeste Memo Pad HD7, tout tournait correctement en détails moyens, et cela restait tout-à-fait comestible. L’expérience était vraiment excellente. Pourtant, mettre trop en avant une réalisation sans faille serait vraiment ne pas rendre hommage à ce qu’est République, à savoir un très bon jeu. Bien entendu, il souffre de quelques failles, notamment une certaine répétitivité d’action, quelques errances scénaristiques, et un investissement pécuniaire plus important que d’ordinaire. Mais franchement, il a tout pour plaire. Donc difficile de ne pas franchir le pas vers un univers pourtant fermé.

Vous l’aurez compris, Camouflaj frappe fort derrière la tête (hé oui, puisque c’est un jeu d’infiltration/aventure) avec ce République, tout en VOSTFR. Un excellent jeu, voilà ce qui résulte lorsque l’on a des moyens (il ne faut pas le nier) mais surtout une inventivité à mettre au profit de ces moyens. On peut qu’être admiratif devant le résultat obtenu tant le jeu mêle une réalisation haut de gamme avec un gameplay intelligent. Bien que ce dernier reste un poil répétitif, l’interaction qu’il fournit entre les deux personnages, le tout couplé avec une véritable impression d’implication dans l’histoire fait que l’on se laisse porté. Comme une note par une belle musique. Le prix pourra, certainement, en effrayer certains. Il est vrai qu’à 11 euros le pass (je bien dit « le ») pour l’ensemble des chapitres, achetables séparément si vous le désirez, il y a de quoi se poser des questions, mais pas très longtemps, tant le jeu reborde de qualités. Un grand jeu ? Pas tout à fait, à mon sens, du fait de sa linéarité, mais une excellente exploitation de nos tablettes et smartphones à coup sûr. Et la guéguerre entre les plateformes ? Bah, finalement, quelle importance…Tant que l’on prend son pied avec ce genre de découverte.

Testé par J.Canonne • 89%
  • Une sacrée réalisation
  • Scénario pas trop mal foutu
  • Gameplay aux petits oignons
  • Assez immersif
  • VOSTFR
  • Monde pas assez ouvert
  • Linéarité
  • Le prix (pour certains)

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