Test : OUYA

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La boucle est bouclée : environ un an après le succès de sa campagne de financement sur Kickstarter, la petite console de la taille d’un mug est officiellement disponible en boutique au tarif de 99 dollars, aux USA, au Canada et au Royaume-Uni. Ici, l’un de nos rédacteur a déjà reçu la sienne depuis quelques semaines, il vous en livre son verdict.

Le projet OUYA a vu le jour grâce à la plateforme de financement collaboratif Kickstarter. La campagne à très vite tourné au succès puisqu’ils ont obtenu 800% (près de 8,5 millions de dollars) de plus par rapport aux besoins initiaux. Le concept se résumait en ces quelques points : réaliser une console de salon tournant sous Android possédant une manette physique le tout pour un prix record. Et c’est ce qu’ils ont fait !

SONY DSCLa surprise est déjà là lors de l’ouverture. Car c’est en ouvrant la boite gris foncée ultra-sobre (limite déprimante) que l’on découvre une affiche d’un rouge éclatant avec l’inscription « Thank you for Believing » (merci d’y avoir cru). En l’enlevant on découvre la console ainsi que le contrôleur de jeu. C’est en soulevant le moule en plastique qui retenait le tout que se dévoile l’adaptateur secteur, un petit livret de mise en route, et un câble HDMI (cordon serait plus approprié vu la longueur). Tout est donc là pour la mise en route directe de la machine.

Sous le capot…

La OUYA est construite autour d’une puce Tegra3 de Nvidia, bien connue pour ses performances graphiques. C’est donc un processeur quadri-cœur cadencé à 1.7 GHz et 1 Go de DDR3. Du côté de la mémoire de stockage, 8 Go sont à disposition de la console pour y installer les jeux. Si d’un côté le processeur (bientôt dépassé puisque le Tegra 4 arrive) est l’un des plus puissants actuellement, le Go de Ram fait vraiment pauvre par rapport à ce qui est proposé la concurrence actuellement (2 Go sur a peu près tous les appareils Android haut de gamme de 2013).

L'intérieur d'une OUYA Devs (version dédiée aux développeurs).

L’intérieur d’une OUYA Devs (version dédiée aux développeurs).

Sauf que, la OUYA n’est pas un terminal ultra connecté, elle n’est pas faite pour aller consulter votre profil Facebook ou votre feed Twitter, il n’y a aucune application de ce genre qui continue de tourner en tache de fond lorsque vous jouez. Ce petit Go de Ram devrait donc être suffisant pour faire tourner les jeux, même gourmands en ressources, sans encombre.

La console demande un accès internet dès la mise en route (WiFi ou Ethernet) afin que le système vérifie les mises à jours disponibles et les installe. La manette semble solide mais un peu absurde (je reviendrai sur ce point). L’armature de la console est en alu, demande un espace très limité et restera très discrète à côté de votre téléviseur. L’allumage de la console se fait via l’unique bouton disponible (un peu cheap d’ailleurs). À la manière de la PS3 et de la Xbox, la manette allume le système en appuyant sur le bouton central.

Y’a le Play Store… OUYA pas !

Mais revenons à l’intérêt premier qui est le jeu. Vous trouverez ceux-ci sur le store privé de la OUYA, ils ne sont pas légion pour le moment, mais on sent tout de même l’engouement de certains développeurs qui proposent d’excellents jeux indés comme Gunslug ou Dubwars. Tout ce qui est proposé sur le magasin d’applications est jouable gratuitement, mais tous les jeux complets ne sont pas gratuits, je prends ici l’exemple du grandiose Final Fantasy 3, proposé ici dans sa réédition sortie initialement sur DS, qui après quelque temps de jeu vous demandera si vous désirez acheter la version complète.

ouya-storeLa quantité de jeux proposés n’est pas monstrueuse et vous risquez d’avoir du mal à trouver quelque chose qui vous plaira. En fait c’est l’absence de réels jeux développés pour OUYA qui est frappant. Les possibilités offertes par la console et la manette sont plutôt grandes : processeur puissant, nombreux boutons. Il ne faudrait pas grand-chose pour voir arriver un bon gros jeu exploitant toutes les ressources de la console.

Grosse surprise (qui n’en est pas vraiment une), une multitude d’émulateurs y est proposée, afin que vous puissiez rejouer aux titres qui ont accompagné votre enfance (je vous conseillerais donc d’installer un émulateur Nes et de trouver une ROM de FF3…). Bref, lorsque votre choix est fait, il suffit de sélectionner « télécharger » et un petit instant plus tard, le jeu sera accessible via votre bibliothèque pour installation. Et oui, si vous étiez habitués à ce que les jeux s’installent automatiquement sur votre smartphone ou tablette, il vous faudra les installer manuellement sur OUYA. Mais ne vous inquiétez pas, la procédure est simplifiée et ne demande pas plus de quelques secondes.

Une manette globalement réussie.

Si certains jeux sont optimisés pour la OUYA avec une grande reconnaissance de la manette de jeu, la plupart ne sont que des republications de jeux sortis sur le Play Store, complètement absent de la console. Et les contrôles sont assez hasardeux lors de la prise en main, avec un simple schéma de la manette avant chaque partie. Heureusement, le contrôleur n’est pas de trop mauvaise qualité. L’ergonomie est bonne, les boutons sont souples, répondent bien et n’ont pas ce cliquement représentatif du Xperia Play.

Vue de la manetteLa croix ainsi que les deux sticks directionnels sont précis, les 4 gâchettes aussi. Le problème est situé à un autre niveau : le nom des boutons. En effet, il y a sur cette manette 4 boutons reprenant les 4 lettres du nom de la console OUYA. Deux de ces lettres (A et Y) sont des représentants classique des boutons de consoles (Snes, Xbox). Historiquement le « A » a toujours été le bouton du bas et se retrouve dans ce cas-ci, à droite (position du “B”). Pareil pour le bouton “O” qui est historiquement le bouton retour/annuler sur Playstation et qui prends le rôle du bouton valider (“A” sur Xbox, “X” sur Playstation). Le tout est assez déroutant et il m’arrive souvent d’appuyer sur le boutant “A” (retour) pour valider et/ou “O” (valider) pour annuler. Bien entendu, ce n’est qu’une question d’habitude et le choix de nommer les boutons ainsi s’explique par le nom de la console. Mais en voulant jouer la carte de l’originalité, ils ont complexifié la prise en main de cette manette qui aurait pu être quasi parfaite avec des boutons classiques « ABXY ».
La manette désosséeL’absence de batterie est un second point négatif à noter, il faudra démonter la partie gauche et droite de la manette pour y loger une pile AA de chaque côté. Dommage qu’il n’y ait pas de petite batterie lithium que l’on aurait pu recharger via un port micro-USB.

Ajoutons à cela le fait que la OUYA n’est pas livrée avec un lecteur multimédia intégré. Il existe de nous jours des tonnes de disque dur multimédia qu’il est possible de raccorder à son téléviseur, mais ceux-ci ont souvent un problème au niveau de l’interface, de la rapidité et des formats vidéo/audio gérés. Au lancement de la OUYA on nous avait promis XBMC, Le formidable lecteur multimédia multiplateforme aurait dû se retrouver intégré à la OUYA. Surprise ! Vous devrez le télécharger puis l’installer (toujours pas de version finale pour la OUYA donc). Si pour les jeux, la procédure est simplifiée par le menu, pour les APK que vous téléchargez du web c’est une autre histoire. Vous devrez d’abord ouvrir le navigateur web (via chemin pour accéder à l’appli navigateur), ensuite vous devrez visiter le site de XBMC (xbmc.org), et trouver la bonne version (Android évidemment).

Doit encore faire ses preuves.

En conclusion, ce qui manque à la OUYA pour être l’objet parfait à placer dans tous les foyer, c’est un vrai catalogue de jeux faits pour elle, un lecteur multimédia complet et intégré ainsi qu’un peu de mémoire de stockage supplémentaire. Oui, les jeux sont gratuits (free-to-play ou démo longue durée…) mais ce ne sont que des jeux mobiles à peine optimisés pour correspondre à la configuration de la manette.

L’absence du Google Play Store est aussi dommage mais compréhensible du point de vue de la compatibilité du gameplay. La OUYA est à placer avec les consoles de geeks, à utiliser comme émulateur polyvalent au vu de sa puissance ou comme lecteur multimédia de salon lorsque utilisé avec XMBC. Si je ne regrette pas d’avoir financé le projet pour qu’il puisse voir le jour, je ne conseillerais pas l’achat d’une OUYA tant que de vrais jeux ne seront pas là.

  • Vue de la console
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  • Vue de la manette
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  • La manette désossée
  • ouya-store
Testé par Dimitri Keskinidis • 70%
  • Console très compacte
  • Puce Tegra 3 performante
  • Prix réduit
  • Trop peu de mémoire de stockage
  • Pas de lecteur multimédia
  • Pas assez de jeux

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