Test : Mana Crusher

test

En tant que gameur, vous avez, sans doute, déjà été confronté à un sérieux dilemme : celui de jouer secrètement à certains jeux sans oser, un instant, l’avouer. Le regard des autres est si souvent pesant. Celui des autres joueurs encore plus. Mais, comme un petit jardin, vous cultivez cet amour, à l’abri des regards. Avec une tendresse certaine. Certains de mes amis le font avec le pas du tout célèbre Candy Crush, un jeu auquel je n’ai jamais adhéré, notamment à cause de ses « sweet » et de ses « tasty » vocaux qui me brisaient les bonbons. Pour ma part, et, soyons fou, je vous le dis avec franchise, mon petit cœur fond pour un remake du jeu précité : La Reine des Neiges, auquel je joue 5 minutes environ par jour. Hé oui, l’esprit peut faire preuve de faiblesse. J’y joue surtout parce que dans ce cas, je me sens « libérrrééééé, délivrrrééééé, je ne mentirais plus jamaisssssss ». Oups. Excusez-moi… Comme quoi la franchise ne rapporte pas toujours.

Mais, parfois, la franchise, non pas au premier sens du terme, ou pour être plus exact, la copie de franchise peut rapporter. Ainsi, on ne compte plus les clones de Candy Bird ou Flappy Crush (ou l’inverse) sur notre cher Playstore. On ne sait plus où donner de la tête, et où casser du sucre, ni sur qui d’ailleurs. Le principe du clonage veut que le jeu soit l’exacte copie de son originel. Et c’est bien là une erreur, car quel est l’intérêt de produire une copie ? Si, étant enfant, vous copiez sur votre voisin, avec plus ou moins de discrétion, l’instituteur, en corrigeant, le voyait parfaitement, et vous vous mangiez ce que l’on appelait jadis une « piteuse ». Donc, quel intérêt puisqu’il en sera de même pour les jeux vidéo ? Les petits frenchies de Little Worlds Studio l’ont bien compris, et essayent de se différencier des autres sur des détails, qui n’en sont pas, avec leur nouveau jeu : Mana Crusher. Mais, cela suffira-t-il ?

Mana Candy Crusher ?

Mana Crusher 1

Il est vrai que la première fois que l’on lance le jeu, on pourrait avoir cette impression. Et pourtant, Mana Crusher se démarque assez nettement de son soi-disant inspirateur. Du point de vue graphique notamment. Certes, il conserve un côté très enfantin, ce qui n’a rien de péjoratif dans ce cas précis. Mais, les dessins ainsi que les personnages sont réalisés avec beaucoup de soin. Une petite réussite visuelle, que l’introduction au jeu, par le biais d’une cinématique fort bien faite au demeurant, met parfaitement en exergue. Et un atout que Mana Crusher peut facilement glisser dans sa manche, mais dont il ne se servira pas comme joker tant le reste est à la hauteur.

Colorée et soignée, la réalisation globale est agréable, et laisse, quelque peu, la concurrence directe (dire qu’elle est nombreuse demeure de l’euphémisme) sur la grille, non pas du jeu, mais de départ. De plus, les musiques, là ou certains jouent sur l’agacement par une redondance épuisante, ainsi que les bruitages prennent davantage place dans la cours de la fantasy. Quoi de plus normal, me direz-vous, pour un jeu qui vous permet d’incarner un magicien.

Mana avant tout, Mana-nime ?

Mana Crusher 2

C’est assez rare pour être signalé, mais le jeu dispose d’un scénario. Pour être plus précis, d’un petit scénario qui vous permet de ne pas atterrir directement dans le jeu comme les deux pieds dans une soupe. Surtout qu’ici la soupe est bonne. Vous incarnez un magicien banni pour mauvaise utilisation de la magie. Banni soit ce bannissement, car votre petit mago va se retrouver sur une planète où cohabitent déjà certains magiciens, et va devoir trouver son chemin, et comment se sortir du pétrin dans lequel il s’est empêtré, et ce, à l’aide de différents challenges.

Le principe du jeu est à la fois simple et beaucoup plus subtil qu’il n’y paraît. Votre mage, dont les capacités sont décrites dans une carte, se retrouve sur une grille où sont disposés diverses objets (crânes, fioles, grenouilles, etc.), que l’on appellera, avec une originalité sans faille, des manas. Il va devoir former des chaînes de mana, à chaque tableau, pour pouvoir s’en sortir. Mais, à  l’inverse du fameux jeu cité en référence depuis le début de cet article, les niveaux qui l’attendent sont beaucoup plus variés que le simple fait de devoir effectuer quelques combos ou d’aligner les chaînes. Et c’est une grande force, car Mana Crusher parvint alors à se soustraire de ses influences premières pour les magnifier.

Mana Crush Candy ? For sure !

Mana Crusher 3

En effet, c’est ce que je pense, Mana Crusher est plus intéressant que Candy Crush. Tout d’abord, il est beaucoup plus varié au niveau des tableaux. On vous invitera non seulement à atteindre certains scores via combos, comme d’ordinaire serai-je tenté de dire, mais aussi à combattre d’autres mages sur la même grille, tout en veillant à la santé de votre avatar, sans compter certaines grilles où vous pourrez utiliser plusieurs magiciens en même temps. Le jeu nécessite une stratégie certaine, et vous demandera plus de réflexions que d’accoutumée.

En outre, et afin de ne pas mourir assoiffé par la rengaine des niveaux, votre petit mage disposera, pour ce faire, de plusieurs sorts, parfois défensifs, parfois offensifs, et gagnera de l’expérience à chaque niveau réussi. Mais, ce n’est pas tout, comme dans Spirit Stones, vous pourrez acquérir de nouvelles cartes, les faire fusionner entre elles, et, ainsi, faire vôtres de nouveaux pouvoirs. Du jeu se dégage alors l’agréable impression d’avoir entre les mains un étroit mélange des deux jeux précités. Un Candy Crush the Spirit Stones ? Non, simplement un Mana Crusher, un jeu qui allie une difficulté progressive, liée au gameplay bien rodé, à un intérêt croissant pour la collection de cartes rencontrées (sans le côté ultra sexy du chercheur de pierres d’esprit).

Le seul point que je déplore, dans cet avalanche de bonheur qui ferait sourire un Yeti pris sous une masse neigeuse de fort bel acabit, réside dans l’obligation (à partir du 19eme tableau) de devoir passer par facebook, d’inviter 3 de vos camarades (et croyez-moi, ce n’est point facile pour un asocial comme moi), afin de pouvoir continuer à découvrir le reste de l’aventure, ou de pousser les gens à la boutique ingame (en cas d’absence de vies). Un peu triste de viser cette voie, même si je comprends qu’il faut bien vivre. A la limite, une telle demande sur Google + aurait été bienvenue. Messieurs et Mesdames de Little Worlds Studio, il existe encore des gens quoi n’utilisent pas FB…Si, si…J’aurai même été prêt à débourser l’argent nécessaire pour avoir le jeu complet s’il avait été disponible en simple demo.

Fort de certaines influences, qu’il a su dépasser sur de nombreux points, Mana Crusher est un excellent jeu, voire un véritable coup de cœur. Le genre de jeu que l’on relance régulièrement, une fois par jour, afin de voir s’il est possible de se surpasser. D’une addiction rare, et bénéficiant d’une réalisation aux petits oignons, car laissée juste ce qu’il fallait sur la poêle, pourtant brûlante, de l’imagination, il sera le fier compagnon de vos quelques moments d’errance quotidienne. Et vous n’aurez même plus à vous cacher. Pour un studio qui se dit en péril (cliquez !), Little Worlds Studio possède, avec ce jeu, un potentiel énorme de développement. Et franchement, c’est tout le mal que je leur souhaite, car faire du neuf avec du vieux, comme ils l’ont fait, c’est la définition même du talent. Merci à eux !

  • Mana Crusher 1

    Un tableau plus classique qui aurait pu être peint par un certain Mr C.C

  • Mana Crusher 2

    Une chaîne de mana, qu'il vous faudra effectuer le plus souvent possible

  • Mana Crusher 3

    De la technique dans un monde de cubes

  • Mana Crusher 4

    C'est choupignounet (sa race) !

  • Mana Crusher 5

    Maître Corneille qui n'enverra pas de lettre mais qui vous aidera vraiment

Testé par J.Canonne • 89%
  • Addictif
  • Mélange des genres réussi
  • En français
  • Réalisation agréable
  • Obligation de facebooker

Réagir

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce commentaire aurait pu vour rapporter 10 Points.