Test : Deus Ex: The Fall

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Parfois, nous sommes attachés à un univers. Un univers qui a grandi avec vous, non pas qu’il ait connu vos premières couches culottes, mais qui vous a fait connaître des émotions rares. Concernant les jeux, il en est de même. Des univers qui vous suivent et qui vous font sentir, bien malgré eux, le poids des années passées. Des univers emplis de nostalgie et de grands moments gameuresques. Des univers qui, dès que l’on prononce le nom ou l’ascendance, vous font frémir les poils de l’épiderme, par plaisir.

Deus Ex fait partie des univers, au même titre que celui des Elders Scrolls (petit message subliminal aux éditeurs, à quand un Daggerfall sur Android ?) que votre serviteur a bien connu, sur PC notamment. Dernier né d’une série commencée en 2000 (ça ne nous rajeunit pas, surtout moi), Deus Ex : The Fall porte de grands espoirs sur ses épaules et un challenge de taille. Une plateforme comme celle d’Android est-elle capable de supporter le portage d’un univers aussi lourd et conséquent ? Square Enix, que l’on ne présentera plus, par décence et pour la qualité de leurs productions passées, se lance dans cette aventure ô combien périlleuse et va tenter de faire de ce FPS, disposant de quelques implants dopés au RPG, une référence en la matière.

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L’univers de Deus Ex, sur PC, demeurait très beau, avec une patte artistique indéniable. Un savoir-faire visuel et sonore de grande qualité. Nous pouvions craindre le pire, mais sachez que le pire est derrière vous (ne vous retournez pas, c’était une image). En effet, et loin de ressembler à l’univers de la petite fille brune sans parents dans la série éponyme où la chambre demeurait peinte de mauve et de rose, Deus Ex est une véritable réussite visuelle, pour ne pas dire un petit chef d’œuvre. Utilisant les teintes jaunes et ocres si chères à son cousin sur PC, Deus Ex dépeint un monde d’une grande richesse où fourmillent énormément de détails, un monde sale, oppressant que n’aurait pas renié, non pas le prince, Ridley Scott pour son Blake Runner.

Techniquement parlant, le jeu est magnifique et, de ce fait, très immersif. Tous les décors ont fait l’objet de beaucoup de soin. Seuls certains personnages, notamment les PNJ, auraient mérité des textures plus fines afin de les rendre davantage crédibles. Néanmoins, lors de vos balades, vous ne pourrez que vous arrêtez sur certains décors tant ils montrent une parfaite maîtrise technique. Vous l’aurez compris, Deus Ex : The Fall est une merveille à l’œil, même sur une machine de test modeste comme l’Asus Memo Pad HD7. Les chargements, en revanche, sont particulièrement longs, la faute sans doute au petit giga de ram qui équipe, généralement, nos machines.

En outre, la bande son est à l’image du reste : fortement travaillée. Elle vous accompagne dans votre périple en augmentant ainsi l’immersion. Cependant, et même si ce n’est qu’un petit détail ne venant gâcher en rien gâcher votre plaisir, les animations ne sont pas géniales, et donnent l’impression d’avoir en face de soi des robots, à moins que cela ne soit voulu étant donné l’histoire dont vous êtes clairement le héros.

De la complote de paumes

Un des points forts de la série réside dans son histoire dont les emprunts autant scénaristiques que purement visuels sont à piocher dans la littérature dite d’anticipation ainsi que la littérature biblique pour certaines références. Deus Ex : The Fall ne refuse en rien son héritage, même si l’histoire est un peu moins touffue que d’accoutumée.

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Vous vous prénommez Ben Saxon (qui ressemble à un Jean Reno du temps de Leon), héros s’il en est avec un nom pareil, mercenaire aux implants musclés, et vous débutez votre aventure dans Panama City après avoir fait l’objet d’une vulgaire trahison de la part de vos patrons (un peu comme dans la vie réelle en fait). Vous vous trouvez au cœur même d’une intrigue impliquant, et non pas réplicant, la gestion des nouvelles drogues anti-rejets pour les humains augmentés comme vous l’êtes. Une intrigue somme toute assez banale mais qui permettra quelques rebondissements scénaristiques pour le moins bienvenus, malgré l’éphémère de l’œuvre, car elle se terminera en un peu plus de six heures.

Vous aurez à accomplir plusieurs quêtes, dont quelques secondaires, afin d’en découdre et de trouver la vérité sur ce qui se cache derrière ce complot. Et, pour en terminer, il faudra vous lier poings et ongles à vos armes, même si un parcours moins abrupt est possible. Car vous ne serez jamais bloqué. Il y aura toujours un moyen de détourner un problème en utilisant, un peu, ce qui vous sert de matière grise, et ce sans implants (à moins que certains de nos lecteurs soient des hommes qui valent trois milliards).

Tout semble donc être mis en place pour rendre Deus Ex : The Fall génial. Entre la réalisation, l’ambiance, et le scénario, j’imagine que vous salivez devant votre écran comme un enfant en manque de sucre. Et pourtant, sous le décor splendide, le gameplay est aussi jauni que certaines textures.

Une histoire de manipulation

Pas de quoi, non plus, jeter le jeu à la poubelle, mais certains éléments de Deus Ex : The Fall laissent un peu à désirer.

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L’interface est jolie, intuitive, et complètement paramétrable (un bon point). Mais, la précision inhérente au genre FPS/RPG fait clairement défaut. Que ce soit dans les combats voire même dans certains déplacements, il est parfois cruel de voir, qu’avec ses gros doigts, on ne parvient pas à faire le bon geste au bon moment. Pour un joueur PC, c’est très frustrant.

De plus, l’intelligence artificielle de vos adversaires peut laisser pantois. Vous pouvez, certes, utiliser les éléments du décor pour votre approche, mais une technique simple fait perdre de l’essence à un jeu qui n’en manquait pourtant pas. Pour passer certaines étapes, rien ne vaut le simple : je tire, je recule, je me mets à l’abri, et je retire. Pas de quoi fouetter un chat bionique…

Le level design est également un talon d’Achille pour ce géant. Tout est d’une linéarité telle que l’on n’est même plus surpris par la route à prendre, et que tout est fait pour ne pas laisser de liberté au joueur, faisant de ce que l’on pouvait penser pour un chemin de croix, un chemin de campagne, verdoyant et plat. Frustration 2 : le retour de la bête.

Ainsi, l’immersion perd beaucoup au passage, sans compter l’unique possibilité de sauvegarder, empêchant, par la même occasion, de mieux refaire un passage ou voir si on n’avait rien oublié sur le côté.

Et le dernier point qui me fait particulièrement rager : une boutique est prévue pour ceux qui ont la flemme. Une boutique dans un jeu que l’on a déjà payé. Je trouve ce procédé inadmissible, et prenant les joueurs que nous sommes pour une meute d’assistés sans le moindre implant d’intelligence. Tout ceci est dommage. Fort dommage, même.

Dommage, c’est bien le mot. Deux Ex : The Fall avait tant de qualités pour faire de lui le fer de lance d’une nouvelle génération de jeu, équivalente à leurs homologues sur PC. Il rate le perfect de peu. J’éprouvais tellement l’envie de lui mettre la note maximale, mais il ne se contentera que d’une assez bonne note. Achetez-le quand il sera en promotion (comme je l’ai fait). A presque 6 euros, réfléchissez-y à deux fois. Tout simplement parce que, même s’il est VOSTFR, joli, immersif, contemplatif, Deus Ex : The Fall souffre de bien trop de lacunes pour un faire un augmenté ultime. Peut-être une prochaine fois, dans un monde futuriste, mais je sais, tout ceci n’est qu’anticipation.

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Testé par J.Canonne • 77%
  • Magnifique
  • Ambiance sonore réussie
  • Histoire réussie
  • Sous-titrage en français
  • Maniabilité
  • Durée de vie
  • Chargements longs
  • Une boutique dans un jeu payant !

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