Test : Angry Bird Epic

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L’attente est parfois longue. L’attente a ce côté malicieux qui fait que l’on perd du temps et de l’énergie pour parvenir, parfois, à des déceptions. L’attente est traîtresse car elle vous fait croire parfois qu’elle vaut le coup. Parfois, elle vaut le coup, c’est sûr, et l’attente est ainsi justifiée même si elle reste longue. C’est ce que disent souvent les gens lorsqu’ils vont voir un concert. De là où je travaille, je puis voir, souvent, des tentes, et l’attente, se profiler, se bâtir juste devant une immense salle de concert. Des fois, je regarde à la fenêtre et me demande, avec sérieux (un ami), et avec philosophie (une amie), si tout ceci n’est que du vent que les tentes peuvent s’envoler à force, emportant avec elles l’attente. Cela me rappelle une anecdote : celle de l’installation d’Age Of Conan sur mon P.C. Arès avoir fait ingurgiter plus de 15 gigas à mon ordinateur, je m’étais dit avec naïveté (une autre amie) : « un patch ou deux et je vais pouvoir jouer ! ». Que ne fut ma déception de le voir télécharger plusieurs gigas supplémentaires, ce qui, avec ma connexion plafonnant à 1.5 mégas, représentait une atroce attente. Cela en valait la peine. Au début. Plus à la fin. J’ai même déchanté.

Pour certains (dont je ne fais point partie), la sortie un nouveau jeu basé sur le concept d’Angry Birds est un grand évènement. Il faut dire que les gars de Rovio Mobile Ltd savent y faire pour mettre leur monde dans leur petite cage. Moi, tout ce que j’espère, c’est que cela ne fasse pas un couac de canard, car, avec tous les resucées d’Angry Birds, je m’attendais à un autre jeu du style « Angry Birds chez les bronzés font du ski » ou un truc du genre. Mais là, qu’ouïs-je ? Angry Birds Epic ! Un Rpg tactique avec de l’épique à toutes les sauces (ce n’est pas moi qui le dis mais la fiche descriptive sur le Playstore) ! Tout un programme et beaucoup de promesses qui se doivent d’être tenues.

Un autre Angry Birds ?

Dès que l’on lance le jeu la première fois, on ne peut point dire que l’on soit dépaysé. C’est bien un Angry Bird pure souche, avec nos piafs connus. Que ce soit d’un point de vue graphique que d’un point de vue sonore.

La patte des piafs est immédiatement identifiable. C’est mignon sans être particulièrement transcendant. Pourtant plusieurs années, et plusieurs épisodes sont passés entre des mains plus ou moins expertes, et, malheureusement, visuellement, le jeu ne semble pas avoir bougé d’un iota. Seule la carte du jeu, sur laquelle vous évoluerez a fait preuve d’une attention particulière et est très agréable à regarder. C’est peu, trop peu.

Une carte joliment dessinée

Une carte joliment dessinée

La musique vient rattraper un peu le tout car on y trouve des thèmes aussi variés qu’amusants (j’ai même cru entendre quelques résonances à la Fintroll ici et là). Et aussi des thèmes particulièrement pénibles à endurer, du fait de leur répétitivité, et qui vous feront, peut-être couper le son. Bref, du bon et du moins bon, mais surtout rien de bien neuf sous le soleil.

Un RPG Tactique ? Ouais, si on veut…

Et, cela se retrouve, quelque part, au niveau du gameplay. Bien sûr, il change radicalement des anciennes productions liées à Angry Birds. En effet, la version « EPIC » se revendique du RPG/tactique. Je n’étais guère convaincu en lançant le jeu, et mes craintes n’ont fait que se confirmer.

Des combats tout juste stratégiques

Des combats tout juste stratégiques

A la limite, un simple copier/coller de l’un des tests de la semaine dernière, celui de Tiny Dice Dongeon, aurait fait l’affaire tant les grands principes se ressemblent, les dés en moins bien entendu. Vous démarrez avec votre piaf, qui s’est fait voler ses œufs, en mode guerrier, pour faire original. Le côté RPG est minimaliste puisqu’il vous sera impossible de modifier quoi que ce soit sur ce dernier en dehors de son équipement.

Pour ce faire, et, à chaque combat gagné, vous récupérez du matériel que vous pourrez crafter, de manière aisée voire simplifiée. Vous pourrez ainsi confectionner nouvelles armes ainsi qu’armures, sans compter des potions qui pourront vous être utiles sur le champ de batailles. Et ce, pour votre personnage principal ainsi que ses alliés que vous débloquerez tout au long de votre grande croisade.

Le craft pour donner le côté RPG...

Le craft pour donner le côté RPG…

Une grande croisade ? Pas tout à fait. Les combats sont assez mous. Vous y jouerez au tour à tour, en utilisant, au mieux, les capacités de vos personnages. Chaque personnage a un coup classique, et un coup spécial, qu’il soit défensif ou offensif. Dans le cadre du coup défensif, il est possible de l’utiliser sur l’un de vos alliés. Rien de bien extraordinaire et rien de bien folichon, il faut l’avouer. On évolue tout doucement en accumulant de l’xp, sans vraiment posséder la possibilité d’orienter ses personnages (bonjour le côté rpg…), on enchaîne les combats sans avoir l’impression d’être impliqué dans quelque chose. Bref, on consomme, on fait ses courses sans le moindre goût, comme dans un grand supermarché, et on peut le payer parfois (boutique inside). Oui, on le paye, surtout en ennui.

De l’épique mais pas curisme.

Oui, on aurait aimé bondir de joie, comme si l’on vous piquait votre auguste fessier, à la vue d’Angry Bird Epic. Mais, personnellement, il ne m’a pas fait bondir de joie, mais de frustration.

Superbement épique...

Superbement épique…

Trop simple, trop simpliste, sans aucune sensation de bravoure lorsque l’on gagne, le côté épique ouvertement revendiqué par le jeu est comme un soufflé sorti du four trop tôt. Il retombe rapidement. Même, j’aurai tendance à dire qu’au cours même de la cuisson, cela sentait non pas le brûlé, mais simplement le raté. Car la recette était connue. Trop connue. Et adaptée sans aucune folie surtout, comme si l’on essayait de réinventer la tomate mozzarella alors qu’il n’existe pas 35000 façons de la réinventer.

Néanmoins, avec les moyens dont disposait les studios Rovio, je demeure persuadé qu’il y avait moyen, justement, de faire un autre jeu. Encore fallait-il en avoir dans le caleçon, et surtout la volonté de ne pas tomber dans la facilité.

Déception, telle est ton nom. Non pas que je m’attendais à quelque chose d’exceptionnelle avec cet Angry Bird Epic, mais de là à s’attendre à ce qui se fait par pack de dix (comme de la mauvaise kro tiède), jamais je n’aurais pensé que Revio fût capable de le faire. Gratuit, avec de la publicité et sa traditionnelle boutique, ce nouvel épisode dans la saga d’Angry Bird ne fera plaisir qu’aux fans de la série. Pour les autres, ils se retrouveront, certes, devant un jeu à la réalisation correcte, mais sans aucune originalité, et avec des systèmes de jeu vus et revus ailleurs. De là à blâmer les gros studios qui ne cherchent que le fric à tout prix en dénigrant tout sens créatif, il y a un pas que je suis prêt, personnellement, à franchir. Franchement, préférez un Call Of Cookie, si vous voulez du fun et de la prise de risque. C’est un conseil. Vous en faîtes ce que vous voulez. Mais, moi, je vais aller planter ma tente ailleurs, dans l’attente d’autre chose.

Testé par J.Canonne • 66%
  • Réalisation correcte (mais sans plus)
  • Jeu en français
  • Ravira les fans de la série
  • Mou
  • Côté RPG quasi inexistant
  • Où est le côté épique promis ? (D..?)

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